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40 millions d’esclaves dans le monde

in Politics Mon Sep 25, 2017 5:48 pm
by Lizzy67 • 1.785 Posts

Ne croyons pas que l'Occident soit épargné : dumping social où l'Allemagne est championne (si si !), de même que l'Alsace (si si ! surtout dans le BTP).


FranceInfos

Le rapport publié le 19 septembre par l’OIT à l’occasion du sommet de l’ONU à New York fait état d’un esclavage encore largement présent dans le monde.

S’il demeure officiellement illégal d’avoir des esclaves presque partout dans le monde aujourd’hui, de très nombreuses personnes répondent aux critères du Larousse, qui les définit comme "non libres, considérés comme un instrument économique pouvant être vendu ou acheté." La présence d’un "maître" est également obligatoire. Qui sont ces esclaves ?

Femmes, enfants, ouvriers…

Tout d’abord, l’esclavage n’est pas paritaire : 71% sont des femmes. Il concerne également 10 millions d’enfants, soit un quart du nombre total.

Il n’est ainsi pas étonnant de voir que 62,5% des esclaves sont soumis au travail forcé, et 37,5% au mariage forcé.

Les industries qui emploient le plus d’esclaves sont le travail domestique (3,8 millions), le bâtiment (2,9 millions), les manufactures (2,4 millions), l’agriculture et la pêche (1,8 million).

4,7 millions d’esclaves sont exploités dans l’industrie du sexe, la plus importante.




Libération : http://www.liberation.fr/planete/2017/09...e-monde_1597638


L'Organisation internationale du travail, la Walk Free Foundation et l’Organisation internationale pour les migrations dénoncent la persistance du travail et de mariages forcés dans le monde.

40 millions de personnes victimes d'esclavage moderne dans le monde

L’esclavage n’est pas uniquement une relique historique. C’est ce que le récent rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui porte sur l’année 2016, a voulu montrer. Le chiffre est accablant : 40 millions de personnes dans le monde sont victimes de travail ou de mariage forcés. Un résultat qui fait réfléchir les trois organismes auteurs de l’étude (OIT, Walk Free Foundation et l’Organisation internationale pour les migrations). Certes, la lutte contre l’esclavage moderne figure bien parmi les 17 objectifs de développement durable que la communauté internationale a adopté en 2015 sous l’égide de l’ONU. Un paragraphe est consacré à la promotion du travail décent. Mais la guerre contre ce fléau est loin d’être gagnée.
Mesurer l’esclavage moderne est un défi

L’absence de toute référence à l’esclavage dans la législation internationale rend difficile l’estimation de son ampleur. Pas facile dans de telles conditions de prétendre à son éradication. D’où la décision des auteurs du rapport de recentrer sur les questions de travail et le mariage forcés. Pour parvenir à en mesurer l’ampleur, les trois organismes ont dû (pour la première fois), recouper leurs données. A priori, les résultats sont relativement solides (plus de 70 000 victimes ont été interviewées dans 48 pays). Mais la méthode reste encore imparfaite.

Parmi les victimes de l’esclavage moderne, 71 % sont des femmes, dont une partie est mineure. La plupart sont exploitées sexuellement. Mais difficile d’en chiffrer le nombre exact, la question étant bien trop délicate pour être abordée lors des entretiens. Au chapitre des difficultés à mesurer l’esclavage moderne, il y a aussi le coût des entretiens et autres sondages. «Ça nous empêche d’interviewer les victimes dans tous les pays, et cela nous oblige à faire des extrapolations de résultats imparfaits», précise Mathieu Luciano, chef de l’unité pour l’assistance aux migrants à l’Organisation internationale pour les migrations. Et c’est sans compter sur l’inaccessibilité des régions touchées par des guerres, ou encore des catastrophes naturelles qui empêchent les organismes internationaux d’y accéder. Un obstacle d’autant plus urgent à franchir que la population déplacée est la cible idéale pour les employeurs pratiquant le travail forcé.
Un business très lucratif

En 2014, l’OIT publie un chiffre choc : le travail forcé permet de réaliser des économies équivalentes à 150 milliards de dollars chaque année. Une économie qui peut s’apparenter à un bénéfice. Comparés à ces «profits», les moyens mis en œuvre par les instances internationales pour lutter contre l’esclavage moderne sont dérisoires. Qui plus est, les employeurs qui mettent en pratique le travail forcé ne manquent pas de ruses. La plus courante ? Elle consiste à convaincre ces esclaves des temps modernes en leur expliquant, par exemple, qu’ils pourront (dans un futur plus ou moins proche) être recrutés dans une entreprise située à l’étranger. Mais, pour décrocher ce ticket, il leur faudra d’abord s’engager à payer l’hypothétique employeur étranger. Et si d’aventure ces travailleurs parviennent à être recrutés par une entreprise installée dans un autre pays, un nouveau piège se refermera le plus souvent sur eux. Car pas question de quitter cette entreprise tant convoitée tant que la somme du nouveau «travailleur forcé» n’a pas été entièrement versée. Bien sûr, il reste dans ce cas une solution : une saisie sur salaire qui se transforme vite en un cercle vicieux. Pour autant, Michaelle De Cock, statisticienne à l’OIT, relève quelques progrès : «Les choses bougent, des campagnes de sensibilisation à l’esclavage moderne ont été lancées, notamment au Népal, au Bangladesh et en Inde, en collaboration avec le Liban et la Jordanie afin de mettre en place des couloirs de migrations dits propres, et où le travail forcé n’est pas toléré.»
Un travail d’anticipation

A l’instar de ces pays, de nombreuses entreprises ont eu recours aux organismes internationaux pour apprendre comment contrôler leurs fournisseurs et vérifier qu’ils n’emploient pas de travailleurs forcés. «Même si la tentation de pratiquer le travail forcé est grande, compte tenu de l’importante marge bénéficiaire qui en découle, les entrepreneurs gagneraient à l’éradiquer : un salarié ne peut pas être productif s’il est forcé», poursuit Michaelle De Cock.

Mais pour que cette prise de conscience aboutisse, elle doit être accompagnée d’une éducation des travailleurs. «Notre rôle est de leur expliquer et les informer de leurs droits. Il s’agit de leur faire comprendre par exemple que payer pour être recruté n’est pas une obligation», souligne l’experte. Selon elle, des campagnes de sensibilisation destinées aux consommateurs sont également nécessaires, afin que ces derniers puissent adopter de nouveaux comportements lors de leurs achats : chercher à connaître l’origine et les conditions de fabrication des produits et ne plus se laisser séduire uniquement et aveuglément par des articles à bas prix.

A ce travail de sensibilisation et de protection des travailleurs, s’ajoute un travail d’anticipation. Pour Mathieu Luciano, arrêter les trafiquants ne suffit pas. «Il faut surveiller les pays en crises, pour prévenir le travail forcé et intervenir avant que les réfugiés ne deviennent des esclaves.»
Mélissa Kalaydjian


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